Films

Les références filmiques

Titres mentionnés par Jean-Baptiste Durand

Films

La relation entre Dog et Miralès

Mean Streets _

Martin Scorsese (1973)

Le premier film situé dans les années 1970 à New York raconte le désir d’un grand destin partagé par deux amis, Charlie et Johnny Boy, qui n’ont pas les mêmes chances d’y accéder. On retrouve dans cette inspiration le duo inséparable de Dog et Mirales qui rêve de quitter le village mais pas de la même façon. Mirales parle de partir travailler en ville et Dog veut partir à l’armée.

Nous ne vieillirons pas ensemble _

Maurice Pialat (1972)

Quant au film de Maurice Pialat, il retrace une histoire d’amour qui devient conflictuelle lors d’un voyage. Dans ce film on peut retrouver l’inspiration de la tension qui se forme dans un couple ou un duo, comme celui de Dog et Mirales avant l’arrivée d’Elsa. Les deux amis finissent par prendre des chemins opposés mais gardent toujours une relation très forte. 

Films

Inspirations visuelles

L’Humanité _

Bruno Dumont (1999)

Cette référence commune à Jean-Baptiste Durand et Benoît Jaoul a principalement été utilisée pour montrer le quotidien d’un quartier périphérique et marquer l’envie d’un village vide, sans habitants. On retrouve également une image extraite du film dans le moodboard des costumes pour l’inspiration des vêtements des protagonistes.

Prisoners _

Denis Villeneuve (2013)

Pour l’inspiration lumineuse des scènes de nuit du village.

Out of the Furnace _

Scott Cooper (2013)

Pour l’inspiration lumineuse des scènes dans l’appartement de Dog.

Pas comme des loups _

Vincent Pouplard (2016)

On retrouve aussi une autre référence cinématographique dans ce même moodboard : un portrait provenant du film Pas comme des loups de Vincent Pouplard qui a servi de référence notamment pour les costumes du personnage de Dog. 

Films

Comparaison thématique

Le film Chien de la casse (2023) de Jean-Baptiste Durand a été comparé à plusieurs œuvres traitant de l’amitié masculine, des milieux populaires et d’une certaine poésie du quotidien.

La Haine _

Mathieu Kassovitz (1995)

Abdel Ichah, seize ans est entre la vie et la mort, passé à tabac par un inspecteur de police lors d’un interrogatoire. Une émeute oppose les jeunes d’une cité HLM aux forces de l’ordre. Pour trois d’entre eux, ces heures vont marquer un tournant dans leur vie…

Les Misérables _

Ladj Ly (2019)

Stéphane, tout juste arrivé de Cherbourg, intègre la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans le 93. Il va faire la rencontre de ses nouveaux coéquipiers, Chris et Gwada, deux « Bacqueux » d’expérience. Il découvre rapidement les tensions entre les différents groupes du quartier. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation, un drone filme leurs moindres faits et gestes…

À l’abordage _

Guillaume Brac (2021)

Paris, un soir au mois d’août. Un garçon rencontre une fille. Ils ont le même âge, mais n’appartiennent pas au même monde. Félix travaille, Alma part en vacances le lendemain. Qu’à cela ne tienne. Félix décide de rejoindre Alma à l’autre bout de la France. Par surprise. Il embarque son ami Chérif, parce qu’à deux c’est plus drôle. Et comme ils n’ont pas de voiture, ils font le voyage avec Edouard. Evidemment, rien ne se passe comme prévu. Peut-il en être autrement quand on prend ses rêves pour la réalité ?

Will Hunting _

Gus Van Sant (1998)

Will Hunting est un authentique génie mais également un rebelle aux élans imprévisibles. Il est né dans le quartier populaire de South Boston et a arrêté très tôt ses études, refusant le brillant avenir que pouvait lui procurer son intelligence. Il vit désormais entouré d’une bande de copains et passe son temps dans les bars a chercher la bagarre et à commettre quelques petits délits qui risquent bien de l’envoyer en prison. C’est alors que ses dons prodigieux en mathématiques attirent l’attention du professeur Lambeau, du Massachusetts Institute of Technology…

Elephant _

Gus Van Sant (2013)

En ce jour d’automne, les lycéens, comme à leur habitude, partagent leur temps entre cours, football, photographie, potins, etc. Pour chacun des élèves, le lycée représente une expérience différente, enrichissante ou amicale pour les uns, traumatisante, solitaire ou difficile pour les autres. Cette journée semble ordinaire, et pourtant le drame couve…

Peintures

Références picturales

Guillaume Bresson _

Une des références les plus importantes pour le film est celle du peintre Guillaume Bresson. Ses tableaux ont été largement utilisés pour la mise en scène de l’appartement de Dog. C’est une grande inspiration pour le cinéaste et le chef opérateur, Benoît Jaoul, pour ce qui est de la lumière. Celui-ci dit : « En termes de références, pour Dog, il y avait des peintures de Guillaume Bresson, avec des contrastes forts et des noirs un peu décollés. Une seule direction de lumière naturelle, la plus douce possible.» L’appartement de Dog est simple, les murs très épurés, clairs et délavés, avec comme seule source de lumière celle de l’extérieur qui rentre par la fenêtre. Cette volonté pour le décor et l’ambiance lumineuse froide vient de l’envie de contraster avec le foyer familial d’apparence plus chaleureux de Miralès. On ne connaît pas le passé de Dog, on ne sait pas où vit sa famille ni s’il en a une. On sait seulement qu’il a toujours vécu au village et qu’à présent il vit seul dans cet appartement, contrairement à Miralès, que l’on voit vivre seul avec sa mère. Les décors et les ambiances lumineuses des deux foyers traduisent le vécu de ces deux amis. 

Dog joue à Fifa dans sa chambre. Image extraite du film Chien de la casse
Bagarre sur la place haute. Image extraite du film Chien de la casse.
Guillaume Bresson – Sans titre, Huile sur toile

Une seconde peinture de Guillaume Bresson a été utilisée comme référence pour une scène importante du film ; il s’agit d’une peinture mettant en scène une bagarre, il est composé de couleurs froides et d’une lumière artificielle blanche qui éclaire le sol du haut, sans qu’on en voie la source. Le réalisateur a souhaité retrouver cet effet dans la scène de bagarre entre le duo principal et les hommes venus frapper Dog sur la place haute du village. Dans Chien de la casse la séquence est montée en alternance entre plans serrés et plans larges, éclairés du dessus par une lumière artificielle ajoutée, un ballon Airlite suspendu au-dessus de la place, afin de donner un aspect similaire à celui de la peinture de Bresson. Le souhait de garder dans cette séquence les sources lumineuses orangées des lampadaires du village déjà présents dans le décor, mène à une autre inspiration picturale du film. 

Guillaume Bresson – Sans titre, (2008) Huile sur toile
Guillaume Bresson – Sans titre, Huile sur toile
Andrew Wyeth, Christina’s World, 82 x 1,21 m
Image extraite du film Chien de la casse.

Andrew Wyeth _

Guillaume Bresson n’est pas le seul peintre à avoir servi de référence dans le travail de Benoît Jaoul. On trouve également dans ses moodborads les peintures d’Andrew Wyeth pour ses couleurs automnales, un peu sableuses. Dans le moodboard des références visuelles pour les plans d’extérieurs jour on peut lire : 

« Pour les extérieurs jours, je souhaiterai jouer avec des tons chauds. Même si on est en automne. Et jouer le contre-pied à la fin du film avec une ambiance plus froide pour l’hiver. La peinture ci-dessous Christina’s world de Andrew Wyeth fait surtout référence à la Plaine de Malabar. Je souhaiterai garder cette emprunte colorimétrique sur l’ensemble des extérieurs jours. D’autant plus que ces couleurs nous ramènent à l’automne.2 »

Cette inspiration se retrouve dans les plans d’extérieurs en plein jour, principalement dans les séquences se situant à la plaine, lorsque Mirales joue avec son chien Malabar par exemple. Dans ces séquences, on retrouve majoritairement des plans d’ensembles, similaires à l’échelle de plans souvent utilisés dans les peintures de Wyeth. 

José Sales Albella et Eric Hengl _

Il y a eu, pour l’inspiration des décors, d’autres influences picturales que celle de Guillaume Bresson, comme les tableaux de José Sales Albella, ancien professeur de Jean-Baptiste Durand et de Benjamin Martinez à l’école des Beaux-Arts de Montpellier, utilisés pour la séquence du dîner d’anniversaire de Dog au restaurant, ou des photographies de l’atelier du peintre Francis Bacon, données comme références au chef décorateur par Jean-Baptiste Durand pour le salon-atelier de la mère de Mirales, artiste peintre. On y retrouve également des esquisses réalisées par Eric Hengl pour les cinq étapes de la peinture que la mère de Miralès exécute au cours du film. On peut aussi entrevoir les peintures d’Eric Hengl dans la séquence finale du nouveau restaurant des amis de Mirales. 

Tableau d’Éric Hengl intitulé Villes invisibles disponible sur le site internet d’Eric Hengl. Il a été demandé au peintre de faire ce tableau pendant le tournage afin de filmé les différentes étapes pour montrer l’évolution du travail de la mère de Mirales.
Tableau en cours de la mère de Mirales, réalisé par Éric Hengl. Détail. Image tirée du film Chien de la casse.
René Magritte, L’Empire des lumières, 1954, 146 x 114 cm

René Magritte _

La scène d’ouverture du film trouve également sa source dans une référence picturale. Pour la captation de celle-ci, le réalisateur et le chef opérateur sont partis, à deux, un matin de bonne heure pour filmer ce plan d’ensemble du village. Au moment du tournage, ce plan apparaît au cinéaste comme une référence à la série de tableaux L’Empire des lumières de René Magritte. Le plan d’ouverture présente le village comme lieu principal du film mais également comme un protagoniste à part entière, qui vit et connaît toutes les histoires qui l’habitent et qui est doté d’une certaine étrangeté.

Plan d’ensemble du village, premier plan du film extrait de Chien de la casse.

Photographies

Mohamed Bourouissa, La main, 2006 © Mohamed Bourouissa & Loose Joints

Référence photographique

Artiste mentionné par Jean-Baptiste Durand

Mohamed Bourouissa _

Mohamed Bourouissa, La main, 2006
© Mohamed Bourouissa & Loose Joints

Mohamed Bourouissa _

Mohamed Bourouissa, series périphéries 2005-2007
© Mohamed Bourouissa

Parmi ces références, on retrouve dans le moodboard des costumes une photographie de Mohamed Bourouissa d’un trio de jeunes (deux hommes et une femme) qui sert d’inspiration pour l’amitié entre les protagonistes principaux Mirales, Dog et Elsa, et dans le moodboard du réalisateur, on retrouve une autre image de ce même photographe

Films

Prolongements

Esthétiquement, le film se rapproche de certains travaux

France rurale, gestes simples _

Raymond Depardon

Raymond Depardon, dans ses séries sur la ruralité (notamment Communes de France), développe la même attention à la lenteur, aux silences, aux espaces entre les maisons, aux gestes anodins. Le film, situé dans un village de l’Hérault, retrouve cette esthétique du vide habité, du temps qui s’étire.

Portraits solitaires, douceur mélancolique _

Alec Soth

Bien que l’univers soit américain chez Alec Soth, on retrouve une même poétique de la banalité : silhouettes un peu perdues dans des lieux vides, chaleur de la couleur, portraits très doux et mélancoliques. Le film utilise une lumière et une composition qui laissent respirer ses personnages avec la même délicatesse.

Alec Soth, Fishermen, Wickliffe, Kentucky, 2002

Films

Thématiquement, le film se rapproche de certains travaux

Amitié masculine _

Bruce Davidson

Le film est centré sur une amitié ambivalente, faite d’amour, de loyauté, de possessivité. Les images de Bruce Davidson montrent la même dynamique : garçons vulnérables mais fiers, hiérarchies implicites, moments suspendus.
Ces photographies proviennent de la série Brooklyn Gang, où Bruce Davidson a suivi pendant plusieurs mois un groupe d’adolescents new-yorkais, les « Jokers », ce qui lui a permis de capter des instants d’intimité, de camaraderie, de jeunesse — souvent empreints de mélancolie, d’insouciance ou de fragilité.

Bruce Davidson - Brooklyn Gang

Adolescence, errance _

Larry Clark

Sans aller jusqu’à la crudité de Larry Clark, Chien de la casse partage son regard sur une jeunesse laissée à elle-même, où l’énergie brute et la tendresse cohabitent.

Larry Clark – Tulsa – 1971

Livres

Alexa Brunet, En Somme © Alexa Brunet

Références littéraires

Livres mentionnés par Jean-Baptiste Durand

Leurs enfants après eux _

Nicolas Mathieu

Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l’Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l’ennui, il décide de voler un canoë et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.

Fief _

David Lopez

Quelque part entre la banlieue et la campagne, là où leurs parents ont eux-mêmes grandi, Jonas et ses amis tuent le temps. Ils fument, ils jouent aux cartes, ils font pousser de l’herbe dans le jardin, et quand ils sortent, c’est pour constater ce qui les éloigne des autres.

Dans cet univers à cheval entre deux mondes, où tout semble voué à la répétition du même, leur fief, c’est le langage, son usage et son accès, qu’il soit porté par Lahuiss quand il interprète le Candide de Voltaire et explique aux autres comment parler aux filles pour les séduire, par Poto quand il rappe ou invective ses amis, par Ixe et ses sublimes fautes d’orthographe. Ce qui est en jeu, c’est la montée progressive d’une poésie de l’existence dans un monde sans horizon.

En finir avec Eddy Bellegueule _

Édouard Louis

En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.

Sources références filmiques et références picturales issu du texte Les références visuelles de Chien de la casse par Kiara Konstantellos & Dounia Mac Bean / Carnet de création – Projet de valorisation créative des archives de cinéma par des étudiantes et des étudiants du Master Cinéma et Audiovisuel de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 

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