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Informations

Présentation

Année : 2023
Durée : 1h33
Genre : Fiction

Réalisation : Jean-Baptiste Durand

Insolence Productions
Distribution BAC Films

DVD _

Synopsis _

Dog et Mirales sont amis d’enfance. Ils vivent dans un petit village du sud de la France et passent la majeure partie de leurs journées à traîner dans les rues. Pour tuer le temps, Mirales a pris l’habitude de taquiner Dog plus que de raison. Leur amitié va être mise à mal par l’arrivée au village d’une jeune fille, Elsa, avec qui Dog va vivre une histoire d’amour. Rongé par la jalousie, Mirales va devoir se défaire de son passé pour pouvoir grandir, et trouver sa place.

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Le film présenté par des élèves _

Les élèves ont travaillé à partir de leur propre réception du film et de documents de travail mis à disposition par le réalisateur : ils et elles ont écrit et interprété la voix off et ont réalisé leur montage avec la table mash up (outil d’éducation à l’image qui permet d’assembler des images et des sons de façon intuitive, sans avoir à prendre en main de logiciel de montage).

Cette pastille vidéo de présentation du film a été réalisée par les élèves de seconde de l’option Cinéma Audiovisuel du lycée Pierre d’Aragon de Muret (31), dans le cadre d’un atelier de 20h, encadré par Pauline Lebellenger avec l’appui des enseignants et mis en place en partenariat avec Cinephilae et Occitanie culture.

Projet réalisé avec le soutien de la DRAC Occitanie, dans le cadre de l’enseignement optionnel de CAV et de la création de ressources pédagogiques pour le dispositif Lycéens et apprentis au cinéma. 

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Le film raconté par son réalisateur_

Rencontre avec Jean-Baptiste Durand, réalisateur du film Chien de la casse, animée par Manuel Marin,
diplômé de l’ENSAV de Toulouse, intervenant cinéma et formateur

Dans le cadre des journées de formation Lycéens et apprentis au cinéma en Occitanie
Académie de Toulouse. Cette rencontre a été organisée par Cinephilae en collaboration avec Ciné 32,  le 30 septembre et le 1er octobre 2025 à Auch.

L’équipe artistique _

Dog — Anthony Bajon
Mirales — Raphaël Quenard
Elsa — Galatea Bellugi

L’équipe technique _

Réalisation — Jean-Baptiste Durand
Production — Anaïs Bertrand
Productrices Associées — Pascaline Saillant et Émilie Dubois
Scénario de — Jean-Baptiste Durand
Avec la collaboration de — Nicolas Fleureau et Emma Benestan
Directeur de la photographie — Benoît Jaoul
Décors — Benjamin Martinez
Costumes — Clara René et Florence Gautier
Montage — Perrine Bekaert
Musique Originale — Delphine Malaussena et Hugo Rossi
Mixage — Xavier Thieulin
Directrice de casting — Léa Triboulet
1er Assistante Mise en scène — Pauline Barjol
Scripte — Annick Reipert
Directrice de production — Isabelle Harnist

La genèse du projet

Quel est le point de départ de cette histoire et qu’est-ce qu’il vous plaisait de raconter ? _

Extrait du dossier de presse _

J’ai grandi dans un village du Sud de la France (Montpeyroux - à côté du Pouget où a été tourné le film), entouré de copains avec comme passions le foot, le rap et le dessin. Lorsque j’ai intégré l’École des Beaux-Arts de Montpellier, intuitivement, j’ai commencé par dessiner ces potes. Pour combler un vrai vide de représentation, parce que j’avais le sentiment que si l’on pouvait s’identifier un peu aux films de banlieue, on ne se retrouvait pas du tout dans les films sur la campagne, qui abordaient soit le monde paysan, soit une époque révolue. Plus tard, quand j’ai commencé à faire des films, il m’a semblé tout naturel de raconter l’histoire de jeunes péri-urbains qui trainent ensemble, écoutent de la musique, jouent au ballon, boivent de l’alcool, fument du shit, se battent, et n’ont pour refaire le monde qu’un banc ou un terrain de foot. Mes premiers courts métrages évoquent donc cette jeunesse-là et étudient ces rapports très particuliers que le village fabrique entre les jeunes : une sorte de fraternité, d’appartenance à un clan, à la fois forte et violente, avec un rapport très fort à la fidélité. Il venait de Roumanie, mon premier court, est quasiment devenu une note d’intention de mon premier long...

Entretien avec la productrice _

Anaïs Bertrand - Insolence Productions _

Productrice de Chien de la casse, le premier long métrage de Jean-Baptiste Durand, la fondatrice d’Insolence Productions et vice-présidente court métrage du SPI (Syndicat des producteurs indépendants), décrypte les coulisses du film, prix du Public au dernier festival Premiers Plans d’Angers.

Site du CNC

Note d'intention _

De Jean-Baptiste Durand _

J’ai grandi dans un petit village de l’Hérault : Montpeyroux. Nous étions six amis à trainer de terrains vagues en terrains de foot, refaisant le monde dans nos voitures ou sous l’arrêt de bus en fumant et en buvant. C’est de cette jeunesse, peu visible dans la production artistique contemporaine, dont je souhaite parler. De cette frange de la ruralité qui, quand elle n’est pas oubliée, est grossièrement caricaturée. Chien de la casse est un drame social qui se déroule dans une campagne péri-urbaine, enclavée entre la banlieue, à qui elle emprunte ses codes, et la ruralité « profonde », paysanne. Cette jeunesse n’est pas une minorité, pourtant elle n’est pas visible.

Mirales et Dog, je les ai fréquentés, de très près. J’étais pour ainsi dire le « troisième larron ». Les filles, il y en avait peu. Nos premiers rapports amoureux, ce furent en quelque sorte nos potes ; sans le rapport charnel donc, mais avec une intensité dans la relation, aussi forte que le serait une histoire d’amour.
Parce qu’il condamne les jeunes à traîner ensemble, le huis clos du village rejoue le huis clos familial. L’amitié violente qui émerge de cet enfermement est semblable à un lien fraternel.

 

Le village est le révélateur d’une existence où l’on existerait seulement pour vieillir. De cette absurdité existentielle naît la violence des moqueries qui viennent en réalité combler un vide. Et pourtant, au cœur de ce néant abyssal, il y a un amour profond, le mien, pour ces jeunes côtoyés sans les avoir choisis, tels des frères. Par attachement pour cette jeunesse, je veux les montrer sans concession : des éternels enfants, des adultes qui ont peur de l’être. Parce que le monde ne les regarde pas, ils avancent les yeux fermés.

À travers la relation qu’entretiennent Dog et Mirales, le film file la métaphore amoureuse : le personnage d’Elsa vient révéler la relation dans laquelle Dog et Mirales sont englués. Cette bromance que vivent Mirales et Dog raconte à mon sens la puissance des liens qui peuvent unir les êtres qui se construisent dans ce genre d’univers clos, où l’on évolue en meute. Jusqu’à ce que la meute devienne aliénante.
Mirales doit s’émanciper et trouver la paix intérieure pour pouvoir avancer, devenir adulte, se construire en connexion avec le monde. Pour cela il ne devra pas forcément aller ailleurs, il devra prendre conscience que ce qui l’empêche d’avancer, ce n’est ni le village ni ses amis, mais le rapport qu’il entretient avec le village et ses amis.

Malgrè l’immensité des paysages, les perspectives d’avenir sont minces dans les villages. Le champ des possibles est réduit à ce que la ruralité propose. C’est-à-dire pas grand-chose. Maçon, paysan, employé de mairie… Et au cœur de ces possibles, bien souvent, une misère culturelle et affective. Si « nos potes » nous sauvent, c’est en devenant le refuge dans lequel nous nous enfermons rapidement.
Désœuvrés, ces adulescents errent comme des âmes en peine, refaisant le monde, le shit comme allié pour rêver, et les bagarres pour se défouler. Devenir adulte dans un monde aveugle à notre existence n’est pas facile. Mirales est enfermé dans sa relation à Dog. Certes, il est le chef, il survit grâce aux combines, mais cet enfermement confortable l’aliène et l’empêche de grandir.

Pour être réellement heureux, Mirales devra se trouver en harmonie avec son environnement. Et son environnement, c’est son village. Il rêve d’ailleurs, mais refuse la fuite, qui ne ferait certainement que repousser ses problèmes. Mirales doit trouver une paix intérieure et accepter de se redéfinir pour aller de l’avant, se construire. Ce n’est pas Dog, ni son village le problème; C’est le regard qu’il porte sur son village, sur Dog et sur son environnement.
Le récit interroge la possibilité de résilience. La trajectoire du personnage est intérieure ; Mirales devra apprendre à changer son regard pour changer son monde.

Le village sera filmé comme un personnage ayant son évolution propre. Le rosaire incarnera particulièrement l’idée de l’évolution du lieu, en parralèle de l’évolution de Mirales. La bande y traine, ils ont d’abbord tous ensemble, ensuite Elsa se greffe au groupe, puis Dog et mirales y traînent à deux, et enfin Mirales s’y retrouve seul, avec son chien. À la fin, les « petits » ont remplacé les grands et se sont apropriés le lieu.

Pour le court métrage Il venait de Roumanie, j’avais choisi de ne pas suivre la voie du « naturalisme » à laquelle on pourrait s’attendre lorsque l’on parle de drame social ou de chronique. J’avais entièrement opté pour le steadycam, en plan séquence, qui permettait aux acteurs d’apporter leur propre rythme dans le champ de la caméra. Avec le chef opérateur, nous avions décidé de créer une lumière très contrastée et de n’utiliser qu’une seule focale, le 40 mm anamorphosé, comme si l’action se déroulait sous les yeux du disparu (le personnage « central »), soulignant symboliquement l’un des thèmes majeurs du film : la mort et le deuil qui en découle. Pour Chien de la casse, je compte poursuivre ces recherches esthétiques, en interrogeant les possibilités du cinéma pour sortir d’un « cinéma-vérité » et tenter d’aller vers un cinéma où les cadres, les lumières, le son et le rythme du montage viendront ré-interroger le décor, des personnages et leurs relations entre eux.

Le rapport à l’amitié est ce qui a le plus compté, a été le plus signifiant et structurant dans mon histoire personnelle – celle d’un jeune qui est né et a grandi dans un village. C’est ce que je souhaite mettre en scène dans Chien de la casse, portrait réaliste et sans concessions de ces jeunes parmi lesquels je comptais.

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Entretien avec Jean-Baptiste Durand _

Podcast issu de l'émission
"Par les temps qui courent" _

france culture

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Entretien

un visuel et son film

À propos de l'affiche

Par Fabien Meynier _

Fabien Meynier est docteur en études cinématographiques et audiovisuelles, et chercheur associé au laboratoire RiRRa21 (Représenter, inventer la réalité, du Romantisme au XXIe siècle). Il enseigne à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3.
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À propos

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Pourquoi ce titre, Chien de la casse ? _

Extrait du dossier de presse_

C’est une expression venue des banlieues, et il y a la métaphore du chien, car l’amitié de ces gars m’évoquait la relation maître-chien, un rapport dominant/dominé mais aussi un amour indéfectible, un courage et une fidélité presque absurde. Et le chien de la casse, c’est celui qui fait les choses pour lui, malgré ses amis qui considèrent chacun que l’autre est un chien de la casse.

JB Durand

éléments de fabrication

Film en fabrication _

Autour du long métrage Chien de la casse de Jean-Baptiste Durand _

Les séances Film en fabrication permettent au public de découvrir les étapes de création d’un film (écriture, production, réalisation…) dans le cadre d’une discussion illustrée par la projection de documents, photos, extraits de films.

En octobre 2021 dans le cadre du festival Cinemed, Occitanie films propose, quelques semaines avant le tournage, une rencontre Film en fabrication autour de Chien de la casse, en présence de son réalisateur Jean-Baptiste Durand de sa productrice, Anaïs Bertrand — Insolence Productions.

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L'écriture _

Extrait de l’entretien de la productrice du film Anaïs Bertrand, Insolence Productions _

En 2017, Jean-Baptiste Durand a participé à la résidence du Groupe Ouest, puis à celle du Moulin d’Andé-Céci. C’était très important pour nous d’entrer dans ce genre de lieux car Jean-Baptiste ne possédait pas tous les outils d’écriture scénaristique. Quand il m’a envoyé la première ébauche de Chien de la casse, une soixantaine de pages, il y avait beaucoup d’idées, mais pas de véritable architecture. Nous avons travaillé le scénario pour lui donner une forme plus orthodoxe. Ses courts métrages étaient la promesse d’un cinéaste en devenir et ont permis sa sélection au Groupe Ouest et au Moulin d’Andé-Céci. Là-bas, il a pu acquérir les outils nécessaires et faire des rencontres, comme celle de Nicolas Fleureau, qui a été son principal collaborateur à l’écriture, et qui a lui aussi grandi dans un village. Je leur ai ensuite adjoint Emma Benestan, une proche de Jean-Baptiste, afin de travailler le personnage d’Elsa. En tout, l’écriture a duré presque quatre ans, durant lesquels Jean-Baptiste a tourné un autre court métrage, donné des cours de jeu, et participé à deux autres résidences : celle du C.L.O.S. dans le cadre du FIFIB (Festival international du film indépendant de Bordeaux) et celle de l’association EMERGENCE.

site du CNC

Le scénario _

Extrait

Texte préparatoire à un film qui présente les différentes scènes, comporte des dialogues, des indications sur les rôles, l’espace, le temps, et, éventuellement, des précisions techniques.

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Quelles exigences aviez-vous en matière de mise en scène ? _

Extrait du dossier de presse_

Je ne voulais pas de naturalisme pur. Pour moi, l’axe et le mouvement de caméra ont un sens et un point de vue. Pour donner la sensation que mes personnages sont comme aimantés au village et à leur banc, il me semblait opportun de laisser au maximum la caméra sur pied. Il y avait aussi quelque chose de l’ordre de la théâtralité, c’est pour cela qu’il y a pas mal de plans frontaux, comme s’ils ne pouvaient pas échapper au cadre. S’ils en sortent, la caméra ne les suit pas. L’idée était donc de se décaler un peu du naturalisme et de livrer une direction artistique tirée à quatre épingles pour fabriquer leur monde. Et pour filmer une fiction, des dialogues, donner à travers un langage la musique du film, il fallait aussi maîtriser les couleurs et donner une teinte à chaque personnage. La place de la caméra devait être, en outre, à bonne distance. Si je filme Raphaël de dos quand il pleure, c’est pour lui permettre de faire sortir quelque chose qu’il n’a jamais sorti avant face caméra mais aussi par pudeur, comme le ferait un copain. Bref, pour que chaque scène ait un point de vue, il fallait qu’elle ait son écriture, voire son cahier des charges, en fonction de mes propres sensations – être entre les personnages pour s’incruster dans leurs échanges ou en recul pour laisser circuler quelque chose entre les comédiens. Et je ne me suis pas posé la question de la cohérence d’ensemble car si chaque scène était juste dans son rapport à la mise en scène, l’ensemble le serait.

JB Durand

Reviews

Entretien Benoit Jaoul, directeur de la photographie _

Jean-Baptiste Durand et Benoît Jaoul se sont rencontrés il y a une dizaine d’années, lorsqu’ils ont travaillé ensemble sur le pilote d’une série. À partir de ce moment-là, ils sont devenus amis. Jean-Baptiste étant également assistant réalisateur, il a ensuite fait venir Benoît sur d’autres projets (clips, courts-métrages…), ce qui a peu à peu construit leur collaboration jusqu’à leur premier long métrage.

L’entretien revient sur la fabrication visuelle de Chien de la casse. Benoît Jaoul, directeur de la photographie, explique comment il a cherché une image simple, juste et sincère, en cohérence avec l’intimité du récit et l’authenticité des personnages.

Sont évoqués la préparation, les choix techniques, les contraintes du tournage & la philosophie de l’image. 

Site de l'AFC | par TSF Caméra

L'image_

Benoît Jaoul , chef opérateur & Jean-baptiste Durand

MOOD LUMIERE EXTERIEUR JOUR

Extrait du moodboard _

Un moodboard fait partie du dossier de production, c’est une planche d’images choisies avec soin (dessins, photos, peintures, collages etc) permettant de traduire une identité visuelle.

Il permet de traduire en images : Les inspirations de l’auteur, L’univers graphique du film, La lumière, L’ambiance, Les émotions, Les couleurs, Les textures, Les décors, Les costumes, Le ton…

En règle générale, il est réalisé par l’auteur et le directeur de la photographie.

Dans le cadre de la réalisation du film Chien de la casse, la réalisation des moodboards avait une dimension évolutive. Le réalisateur Jean-Baptiste Durand a dans un premier temps élaboré un « moodboard de réalisation » personnel, une première version de sa vision artistique, pour ensuite faire appel aux savoir-faire de son équipe. Pour la réalisation de ces moodboards, le réalisateur a longuement travaillé avec les costumières Clara René et Florence Gautier, le chef opérateur Benoît Jaoul ainsi que le décorateur Benjamin Martinez pour parvenir à des accords qui conviennent à l’esthétique du film.

MOOD LUMIERE EXTERIEUR JOUR

MOOD LUMIERE EXTERIEUR NUIT

MOOD LUMIERE EXTERIEUR JOUR

MOOD LUMIERE EXTERIEUR NUIT

MOOD LUMIERE EXTERIEUR JOUR

MOOD LUMIERE EXTERIEUR NUIT

Les décors _

Le Pouget _

(Hérault)

Extrait de l’entretien de Benoit Jaoul, directeur de la photographie _

C’était notre premier long métrage à tous les deux, avec Jean-Baptiste, donc on tenait à le préparer et à faire beaucoup de repérages. Je les ai commencés à l’automne 2020, au Pouget. C’est pendant ces quelques jours qu’en relisant le scénario, on a défini les décors principaux, notamment la place haute. Ce village est atypique. C’est un vrai labyrinthe, on s’y perd facilement alors que ce n’est pas grand. Les rues sont étroites, il est très cinématographique.

Site de l'AFC | par TSF Caméra

Photos de repérage du village

Décor de la Place Haute au Pouget

© Camille Sonally

Un lieu, un film

 © France 3 Occitanie

Villeneuvette _

(Hérault)

Décor du restaurant _

© Camille Sonally

Grau-du-Roi _

(Gard)

Décor du village d’Ali _

© Camille Sonally

Col du Vent _

(Hérault)

Décor de la plaine _

© Camille Sonally

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L'appartement de Miralès _

Croquis de Benjamin Martinez, chef décorateur du film

Reviews

L'appartement de Dog _

Croquis de Benjamin Martinez, chef décorateur du film

Entretien avec Frédérique Grossi, ensemblière et Julien Sellam, accessoiriste de plateau _

Issu du carnet de création
Projet de valorisation créative des archives de cinéma
par des étudiantes et des étudiants du Master Cinéma et Audiovisuel
de l’Université Paul-Valéry Montpellier.

Pierre Donné, Valentin Fernandez, François-Xavier Schultis

Les personnages _

Extrait du dossier de presse

Avez-vous écrit le film en ayant en tête vos acteurs ?

Non, pour la première fois, je me suis empêché de penser à des acteurs de façon à sortir les personnages que j’avais en tête. Il y a chez eux un mélange de mes copains et de moi. Mais, alors que j’en étais aux deux-tiers de l’écriture, j’ai vu la même semaine La prière, de Cédric Kahn et L’apparition de Xavier Giannoli. Or, dès les premières images de La prière, j’ai vu chez Anthony Bajon mon Dog ! Au-delà de le trouver bouleversant, je trouvais que ce comédien avait une intelligence animale dans son rapport au corps, à l’espace, aux silences. Et dans L’Apparition, j’ai été très marqué par Galatea Bellugi, notamment par la pluralité des expressions de son visage et sa maturité émotionnelle absolument incroyable : quand elle est heureuse, c’est la plus belle fille du monde et quand elle s’assombrit, elle devient insignifiante ; son visage est vraiment une fenêtre vers son âme. Donc quand je me suis remis à écrire, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir ces deux acteurs en tête. Et lorsque j’ai été pris à la résidence Emergence, quand il y a eu la nécessité d’accélérer le processus de casting et de tourner des essais, j’ai envoyé le scénario à Anthony. La rencontre avec lui ayant été d’autant plus belle, j’ai réécrit un peu le rôle pour qu’il corresponde parfaitement à ce que je percevais de lui. Et, en plus d’accepter très vite le rôle, Anthony a eu la gentillesse de m’accompagner sur le casting de Mirales..

Jean-Baptiste Durand

Aviez-vous une idée du genre d’acteur à qui vous vouliez confier le personnage de Mirales ?

Non, j’espérais rencontrer par miracle quelqu’un qui soit proche du personnage, mais ce sont mes amies Emma Benestan, la réalisatrice de Fragiles, et Halima Ouardiri, que j’ai rencontrée en résidence d’écriture au Groupe Ouest, qui m’ont parlé en premier de Raphaël Quenard. Emma m’avait parlé d’un génie de l’improvisation, d’un garçon très drôle mais comme il n’avait pas en- core fait grand-chose, je n’avais aucune idée de ce qu’il pourrait donner avec un texte entre les mains. Bref, Raphaël m’a contacté de leur part sur Facebook. A l’époque, je n’en étais pas encore au casting mais je voyais bien qu’il cherchait à maintenir un lien, me renvoyant des messages régulièrement. Pour répondre à sa persévérance, je l’ai donc invité à passer le casting… Et ça a été une épiphanie ! En discutant avec Raphaël, j’ai compris que Mirales était un type qu’il connaissait par cœur car lui aussi avait grandi avec les mêmes mecs. Il avait en outre un rapport à la langue similaire car c’est un boulimique de lecture, hyper éru- dit… En somme, il avait la même double culture que la mienne et il m’apparaissait comme un Mirales qui aurait réglé ses problèmes. Seul son accent et son phrasé étaient problématiques car Mirales est du Sud mais on a trouvé cette solution scénaristique d’en faire un ancien grenoblois.

Jean-Baptiste Durand

Et pour les autres rôles ?

Quand j’ai vu arriver Galatea Bellugi au casting, elle était à mille lieux de ce que j’avais imaginé : c’était une espèce de petite ado rigolote et malicieuse. Et s’il n’y avait pas d’évidence pour le rôle d’Elsa sur le premier essai, elle était suffisamment étonnante pour que j’ai envie de me payer le luxe de la voir former un trio avec Bajon et Quenard. Or, ça s’est merveilleusement bien passé car elle a à la fois l’intelligence, la malice, la coquinerie de Raphaël et le côté touchant, pudique et profond d’Anthony. Quant aux autres rôles secondaires, c’était tous des amis et des acteurs avec lesquels j’avais déjà tourné, comme Dominique Reymond sur Il venait de Roumanie ; mis à part Bernard Blancan que j’ai engagé pour jouer une sorte d’idiot du village, grâce à ses qualités de comédien en premier lieu, mais aussi pour son talent très physique de clown qui est assez peu exploité au cinéma finalement. Lorsque les gens lisaient le scénario ils pensaient que je prendrais des acteurs non professionnels pour incarner les villageois, mais si une partie du casting est originaire du coin et n’avait jamais joué (la bande de Dimitri), je fais aussi un cinéma écrit avec de la mise en scène, de la fiction et des acteurs intelligents au service d’un texte.

Jean-Baptiste Durand

Malabar, personnage canin _

Issu du carnet de création
Projet de valorisation créative des archives de cinéma
par des étudiantes et des étudiants du Master Cinéma et Audiovisuel
de l’Université Paul-Valéry Montpellier.

Léonie Bauwin, Madeline Delahay, C’ian Fourmi

Miralès
Dog
Elsa

Les costumes _

Entretien avec Clara René / cheffe costumière _

Issu du carnet de création
Projet de valorisation créative des archives de cinéma
par des étudiantes et des étudiants du Master Cinéma et Audiovisuel
de l’Université Paul-Valéry Montpellier.

Morgane Landrieu, Eva Paume, Charlotte Pouillot

La musique _

Note d’intention musicale _

Par Jean-Baptiste Durand, Delphine Malausséna & Hugo Rossi

Dans Chien de la casse, Jean-Baptiste Durand souhaite poursuivre les recherches esthétiques initiées dans ses courts métrages, en interrogeant les possibilités de mise en scène pour sortir d’un cinéma-vérité et tenter d’aller vers un cinéma où les cadres, les lumières, le son et le rythme du montage viendront réinterroger le décor, les personnages et leurs relations. La musique originale, qui sera composée par Delphine Malausséna et Hugo Rossi, fait partie intégrante de cette démarche.

La musique extradiégétique composée par Delphine Malaussena : le Vocello, lyrisme et universalité

Jean-Baptiste rencontre Delphine en 2018 lors d’une résidence autour des liens entre la musique et l’image au Moulin d’Andé ; ils ont ensuite eu l’opportunité de mettre en place une première collaboration artistique au sein de la résidence Émergence en 2020, dont le projet Chien de la casse était lauréat.

Jean-Baptiste porte en lui depuis longtemps le souhait de travailler le violoncelle et plus particulièrement l’ensemble « Vocello », composé d’un violoncelle solo et d’un chœur, créé par le violoncelliste Henri Demarquette et l’ensemble vocal Sequenza 9.3. Nous voulons conférer au film une dimension universelle, quasi hors du temps. L’esthétique classique voire baroque permettra cela.

Il s’agit pour Delphine d’un défi artistique et créatif enthousiasmant, car d’une part elle n’a jamais composé pour un tel ensemble, d’autre part elle travaille avec le compositeur Hugo Rossi (en charge de la création des morceaux de rap qu’écoutent Mirales et Dog) à créer des passerelles entre passé et présent pour créer une unité, une sorte d’évidence, tout au long du film.

 

“Fragile” est le thème principal que nous allons déployer tout au long du film. Il va s’adapter en termes émotionnels à chaque séquence dans laquelle il va apparaître. Delphine va travailler tout d’abord sur le mode de jeu du violoncelle (par exemple le jeu ‘ponticello’ sur le chevalet, ou avec staccato franc, ou l’utilisation d’harmoniques). Puis elle va aussi travailler sur l’instrumentation, le déploiement des chœurs, l’harmonisation du thème et sur sa ligne rythmique. La maquette que nous vous soumettons est pour l’instant composée principalement pour violoncelle ; le développement du thème pour l’ensemble « vocello » sera effectué dans un second temps, avec un chœur qui sera déployé pour 8 chanteurs et 4 voix : soprano, alto, ténor et basses.

Le thème “Racines” (violoncelle seul) qui lie des sonorités organiques (grâce aux percussions notamment), texturées (violon frappé) et un rythme marqué, va être retravaillé par Hugo pour créer un pont entre les univers musicaux. Nous avons envie de faire vivre ce thème sur la séquence où Dog et Elsa s’embrassent en boîte de nuit.

“L’Adieu” est un autre thème secondaire du film. Delphine l’a composé pour qu’il mêle violoncelle et chœur, avec des résonnances et rythmes baroques. Il sera décliné par Hugo de la même manière que “Fragile”.

L’utilisation du sampling comme source mélodique est une pratique centrale dans le Hip- Hop. Les morceaux de rap intégreront directement des bouts d’enregistrement des parties de violoncelle, du chœur et du piano joué par Mme Dufour, le personnage de la voisine pianiste de Mirales. Son appartement, situé entre celui de Mirales et celui de Dog, fait circuler la musique entre les deux amis et permet de faire exister une touche de poésie dans la rue du village. Les morceaux de piano ont été enregistrés pendant le tournage par Evelina Pitti1 (comédienne non professionnelle, pianiste de profession, qui interprète Mme Dufour).

La musique diégétique composée par Hugo Rossi : le Rap, entre old school et modernité

Jean-Baptiste Durand accorde une place importante à la caractérisation des personnages et ce notamment à travers leurs goûts musicaux. Pour son court métrage, Il venait de Roumanie, Hugo avait produit une compilation de morceaux qu’auraient pu écouter les protagonistes.

Chien de la casse, c’est une histoire de maturité, du passage à l’âge adulte. Ainsi, au début du film, Mirales semble coincé dans son adolescence, il écoute la musique qu’il écoutait 10 ans avant. Nous collaborons avec 3 rappeurs dont le style s’ancre dans ce hip-hop old school typique des années 2000. Ces morceaux dessinent à travers leurs goûts musicaux certains aspects de leur personnalité. Jean-Baptiste donne des thématiques à traiter dans chaque chanson puis laisse le champ libre aux rappeurs pour écrire les paroles.

Le morceau de Rap1, qu’ils écoutent lors d’un de leur premier trajet en voiture, caractérise Mirales et Dog. Le rappeur G.R.E.G. par son flow droit et classique évoque ce quotidien, cette habitude. Il exprime aussi l’agressivité dont peut parfois faire preuve Mirales. La mélodie est composée de sample de violoncelle et des enregistrements des chœurs du Vocello qui serviront à renforcer le lien in et off de la musique.

Avant que le trio de personnages n’éclate, les trois protagonistes (Mirales, Dog et Elsa) partagent des instants d’amitié. En se rendant à la plaine pour promener Malabar, Mirales lance le morceau chanté par Don Choa sur son autoradio (Rap2). Ce dernier pratique un rap ironique à la plume incisive, dont la critique de la société se cache derrière un ton toujours léger. On peut voir là l’habitude de Mirales d’exprimer des choses profondes sous couvert d’humour. L’utilisation de la fugue de Bach renforce cette légèreté. Mirales est aussi pointu et cultivé ; ainsi, la partie instrumentale des morceaux de rap reflète son côté mélomane. Le rap 2 est donc composé à partir d’enregistrements de piano joué par le personnage de Mme Dufour, renforçant encore les liens entre intra et extra diégétique.

Enfin, la présence d’MC 2 Tone et son rap anglophone permettra d’élargir ce spectre musical. De son vrai prénom Alvin, il est l’auteur et l’interprète des lyrics de l’œuvre de référence de Hugo.

Deux générations campent le village. Celle de Mirales et Dog est progressivement remplacée par la bande des jeunes. Pour marquer cette différence d’époques malgré la similarité des habitudes quotidiennes, la musique des jeunes est caractéristique de la trap moderne autotunée des années 2020. De la même façon que pour Mirales et Dog, nous allons enregistrer plusieurs morceaux, en collaboration avec le rappeur Doze, qui composeront la playlist des jeunes que nous pourrons faire exister quand ils apparaîtront. Ce style de rap, plus lent et mélodique, est aussi l’occasion de renforcer l’émotion de la scène sans utiliser de musique extra diégétique (par exemple lorsque les gitans arrivent au village pour trouver Dog).

La musique de Chien de la casse mêle donc deux univers : celui de la musique classique et celui de la musique urbaine, une alliance singulière qui traduit à la fois les goûts musicaux et les émotions des protagonistes. Le lyrisme sera réinterrogé à travers des déclinaisons électro-acoustiques, afin d’y injecter de la contemporanéité.

1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Evelina_Pitti

Entretiens avec les compositeurs _

Entretien avec Delphine Malausséna

Réalisatrice de la musique originale

Issu du carnet de création
Projet de valorisation créative des archives de cinéma
par des étudiantes et des étudiants du Master Cinéma et Audiovisuel
de l’Université Paul-Valéry Montpellier.

Lou Batlle, Inès Ghomari, Lucas Robinat

Entretien avec Hugo Rossi

Compositeur des morceaux de rap et ingénieur son du film

Est-ce que Chien de la casse a été ta première collaboration avec le réalisateur ?

Non pas du tout, on a fait beaucoup de choses ensemble, depuis au moins 12 ans, je crois. Le tout premier projet que j’ai fait, c’était avec lui. Je ne comptais pas faire de son ou de cinéma et c’est avec lui que j’ai commencé. Au début, c’étaient des choses très simples avec des jeunes étudiants qui ne savaient pas comment réaliser des films. On s’est mis à faire des projets ensemble et ça nous a plu. Du coup, petit à petit, je me suis mis à faire du cinéma, c’est-à-dire de la prise de son, du montage son et de la musique. C’est comme ça que je me suis retrouvé là-dedans. Avant Chien de la casse, en termes de musique, j’avais fait, six ou  sept projets avec lui.

 Était-il convenu dès le départ que tu sois à la fois ingénieur son et compositeur de la partie rap de la bande originale sur ce projet ?

Au départ, j’avais toujours fait ses musiques, mais c’était sur des projets beaucoup moins gros. Là, c’était son premier long métrage et Jean-Baptiste Durand voulait travailler avec quelqu’un de beaucoup plus qualifié que moi pour faire de la musique de film plus orchestrale. Il a rencontré Delphine Malausséna avec qui il a voulu faire de la musique. Quant à moi, je devais faire la prise son et vu qu’on avait fait plein de choses ensemble, en musique comme en prise de son, il avait envie que je sois là. Au début, on était deux co-compositeurs et compositrices, mais on ne savait pas comment se répartir le travail sur la musique. Sachant que Delphine était plus qualifiée que moi et que je ne voulais pas prendre trop de place, je trouvais ça plus logique qu’elle le fasse. D’un autre côté, Jean-Baptiste Durand voulait que je reste partie prenante de cette bande originale, parce que je connais bien son travail et que je savais ce qu’il voulait faire. Puis, Delphine Malausséna connaît un peu moins l’univers du rap, c’était un peu moins son monde, donc on a fait en fonction de nos différentes compétences. Cela s’est fait un peu par défaut, par empirisme plus que par choix.

Y-a-t-il des spécificités que tu aimerais nous partager sur le fait que tu aies emprunté ces deux casquettes, à la fois ingénieur son et compositeur des morceaux de rap ?

Sur d’autres films, ça nous avait beaucoup servi, parce que j’avais fait les musiques avant le tournage et je savais lesquelles mettre pour pouvoir jouer la scène. Par exemple, dans Chien de la casse, lors de la scène dans la boîte de nuit où tout le monde danse, on a fait de la musique que tous les deux. Delphine Malausséna a fait la partie off, plus instrumentale, quant à moi, j’ai fait le « boum boum ». Quand on a tourné cette scène, je savais déjà ce qui serait bien en termes de rythme et de style, mais je ne savais pas à quoi cela ressemblerait. Du coup, j’avais préparé 10 ou 15 morceaux, car quand on fait une scène comme celle-là, on a en moyenne 4 plans à tourner et pour chaque plan, il y a 4 ou 5 prises. Dès la première prise, si je me rends compte que ça ne fonctionne pas ou que je vois que les figurants sont mous ou gênés, je peux vite changer de track (morceau), mais tout en gardant en tête ce que je pense sera, plus, la musique de cette scène.

Quand on prévoit une scène un petit peu dansante, on ne sait jamais quelle va être vraiment le style de la boîte de nuit et des figurants. C’est en étant sur place, en ayant vu le cadre, c’est-à- dire la lumière, la décoration et les costumes, qu’on se rend compte quelle serait la musique la plus cohérente. Et donc j’ai pu jouer sur ça car je savais ce qu’on ferait après. Cela était un des trucs chouettes dans le fait de faire à la fois la musique et à la fois la prise de son. C’est aussi le cas quand on passe des morceaux de rap dans la voiture sauf que là, on n’a pas fait ce processus, car il n’y avait pas de scène où les comédiens jouaient, par exemple bougeaient la tête ou bien chantaient.

Tu as donc collaboré avec Delphine Malausséna pour tout ce qui concerne la bande originale… Mais qu’en est-il des quelques morceaux additionnels qui apparaissent dans le film ? As-tu participé à leur choix ?

C’est la pianiste, qui est vraiment très forte, qui a donné une longue liste de morceaux qu’elle savait jouer. Delphine Malausséna a ensuite fait une présélection puis Jean-Baptiste Durand et moi avons donné notre avis et ça a permis d’en garder cinq, il me semble.

Ça me fait penser à autre chose, au départ, je voulais qu’il y ait certains morceaux de rap avec des samples (échantillons) joués sur place par Evelina Pitti. J’ai donc demandé à ce qu’un des morceaux soit joué en plus, mais je ne crois pas que cela ait officiellement servi. Il y a, au final, sixmorceaux de rap, mais j’en avais fait 12. J’en ai proposé trois à chaque rappeur et après chacun a gardé celui qu’il aimait le plus.

Les morceaux de piano n’ont donc pas été utilisés dans les morceaux restants. Mais pour vous

expliquer le processus, quand j’ai fait la prise son d’Evelina Pitti, j’avais mis certains micros très proches pour pouvoir les utiliser séparément. Ces enregistrements n’ont pas été utilisés pour la scène dans le film, mais ils auraient pu servir pour faire la musique.

Le générique de fin regroupe le thème original du film et un de tes morceaux de rap. Comment s’est déroulée la collaboration avec la compositrice Delphine Malausséna ?

Parmi les 12 maquettes de rap, il y en avait une sur laquelle j’ai pris des samples des maquettes de Delphine Malausséna qui étaient faites avec des synthétiseurs. J’avais pris ces morceaux histoire de voir ce qu’il se passe si je les mets mis bout à bout. Et en fait, G.R.E.G, qui devait rapper sur le morceau de fin, a pris ce morceau-là et il a fait quelque chose qui était assez chouette, qui a plu aussi à Jean-Baptiste Durand. Suite à cela, il a proposé à un autre rappeur, qui est un très bon pote de G.R.E.G et qui avait déjà travaillé avec Jean-Baptiste Durand, de faire un morceau plus long. Étant donné que ce morceau était assez bien, ils l’ont mis sur le générique de fin, mais ce n’était pas encore la version finale.

En fait ce qu’il s’est passé, c’est qu’à l’origine nous avons fait quatre morceaux de rap que j’ai

filé à Jean-Baptiste Durand et à la monteuse image, Perrine Bekaert. Ensemble, ils ont fait des tests et ils ont posé les morceaux sur différentes scènes. Avant ces tests, ils ne savaient pas encore quand ils allaient les mettre dans le film. Ils ont alors mis ce morceau sur le générique et ils se sont rendus compte que ça marchait bien. On s’est dit : « Ça c’est cool, faisons ça bien maintenant ! ». Du coup, je suis allé prendre des samples des morceaux finaux de Delphine Malausséna, j’ai mieux refait le morceau et puis par-dessus, on a enregistré les voix des rappeurs, parce que ce qu’ils avaient fait avant ce n’était que des maquettes qu’ils avaient enregistré chez eux. En fait, il y a eu quand même plein d’allers-retours, c’est-à-dire que d’abord, je fais des maquettes, ensuite, ils les montent, moi je les travaille mieux comme ça eux les montent…

Qui a participé à l’écriture des paroles des morceaux de rap ?

Alors, je n’ai pas du tout participé. Il y a eu différentes choses, pour les morceaux de rap, Jean- Baptiste Durand a organisé un jeu pour lequel il a fait une liste d’à peu près 10 mots que les rappeurs devaient intégré à leurs textes. Par exemple, pour le morceau de la voiture, Jean- Baptiste Durand a dit au rappeur d’écrire un morceau de rap qui parle de foot.

Il y a aussi deux morceaux que vous n’avez sûrement pas entendus, car ils sont très bas dans le film, ils sont faits par un autre rappeur. Pour les paroles de ces deux morceaux, il n’avait aucune consigne, il fallait seulement que ce soit un peu fun et très très moderne. Puis, en plus de ces deux morceaux de rap, Jean-Baptiste Durand et la monteuse, ont mis d’autres morceaux de rap connu, peut être un de JUL. Il fallait donc rester dans la même ambiance que ce qu’écoutait le groupe de jeunes.

Finalement, il y a plein de manières de faire de la musique de film. Soit le réalisateur pose des

musiques de références et puis après je viens recréer le même style de musique, soit je propose des morceaux quatre mois avant et après ils peuvent monter le film.

Par Inès Ghomari, Lucas Robinat et Lou Batlle.

Maquette musicale _

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Maquette

Bande originale _

Partition _

Opus 31 n°2

Diaporama _

Images de tournage réalisées par la photographe de plateau Camille Sonally

TOURNAGE

Making of _

Image Hugo David et Thibaut Bayard Montage Mélanie Armand et Hugo David Mixage Hugo Rossi

Sur le tournage _

En partenariat avec Insolence productions et Bac Films, Occitanie films propose de suivre la fabrication du film à travers 4 vignettes vidéo regroupant des images de tournage et des entretiens de professionnel·le·s. Réalisation Hugo David et Thibaut Bayard.

#1 _

#2 _

#3 _

#4 _

Exemples de documents de tournage _

Découpage technique _

Comme son nom l’indique, il va s’agir d’un document technique, et exclusivement technique. On va retrouver sur ce dernier toutes les indications de plans, d’axes, de mouvements de caméra, et parfois même des indications sonores, le tout pour chaque scène. Il vient s’ajouter au scénario, qui n’a lui aucune destinée technique, et les deux vont permettre de donner la vision de tout le film. On peut voir ça un peu comme une partition de musique avant qu’elle ne soit jouée, car contrairement au story-board qui vient se faire après un découpage technique, c’est un document très froid.

Le découpage technique va être effectué par le réalisateur, après lecture du scénario. Il traduit par ce moyen sa vision de ce dernier, et comment il imagine le mettre en images. Ceci va permettre de définir lui-même clairement ce qu’il souhaite, mais surtout de l’indiquer à l’équipe technique afin de préparer le tournage jour après jour, scène après scène. Cela représente une très grande partie du travail de réalisateur. Ainsi si le scénario raconte l’histoire d’une manière dramaturgique, le découpage technique va le faire d’une manière cinématographique.

Plan de travail _

Un plan de travail de tournage audiovisuel est un document qui détaille le calendrier des scènes à tourner, les lieux de tournage, les équipes impliquées, et le matériel requis. Ce plan est essentiel pour coordonner les différentes équipes et garantir que le tournage se déroule sans accroc.

Les Éléments Clés d’un Plan de Travail de Tournage Audiovisuel

Voici les principales sections à inclure dans un plan de travail :

  • Calendrier des Scènes
    Le plan doit lister chaque scène à tourner, avec les détails du lieu, du jour, et de l’heure de tournage.
  • Équipe de Tournage
    Indiquez les membres de l’équipe (réalisateur, caméraman, ingénieur du son, etc.) impliqués dans chaque scène, ainsi que leurs horaires.
  • Matériel Nécessaire
    Détaillez l’équipement requis pour chaque scène (caméras, micros, éclairage), ainsi que les responsables de sa gestion.
  • Lieux de Tournage
    Mentionnez les différents lieux où les scènes seront tournées, avec les horaires d’occupation et les contacts sur place.
  • Logistique et Déplacements
    Prévoir les déplacements entre les différents lieux de tournage et la logistique nécessaire (transport, hébergement, restauration).

 

Le plan de travail de tournage audiovisuel est indispensable pour assurer une organisation fluide et éviter les retards ou les oublis. En centralisant toutes les informations essentielles dans un seul document, il facilite la communication entre les équipes et garantit que chaque étape du tournage est maîtrisée.

Bible _

La Bible de tournage est établie par la secrétaire de production après avoir collecté toutes les infos.

Il s’agit d’un petit livret relié établi au début du tournage. S’il n’est pas le livre de chevet des techniciens, tous l’ont sur eux en permanence. Il recense en effet toutes les informations utiles à tout un chacun une fois que le tournage est lancé, à savoir :

– Le synopsis.

– La fiche signalétique du film (regroupant les auteurs, réalisateurs, producteurs, diffuseurs, lieux de tournage, etc.).

– Les coordonnées de la production.

– La liste technique, qui regroupe toutes les coordonnées de l’équipe de tournage (réalisation, casting, régie, image, son, HMC, décoration, etc.).

– La liste artistique, qui regroupe tous les rôles, les comédiens correspondants, leurs coordonnées et celles de leur agent.

– La liste des décors et leurs dates d’occupation, ainsi que tous les renseignements et contacts utiles.

– La liste des fournisseurs et leurs coordonnées.

– La liste des organismes sociaux avec lesquels l’équipe, et surtout la régie, a traité et leurs coordonnées.

– La liste des organismes de soutien et leurs coordonnées.

– Des plans et itinéraires des lieux de tournage.

– Les horaires de train, notamment entre Paris et les lieux de tournage en province.

– La liste des lieux d’hébergement et de restauration.

Feuille de service _

Une feuille de service est un document de planification quotidien qui précise les scènes à tourner, les lieux, les horaires, ainsi que les responsabilités de chaque membre de l’équipe. Ce document est essentiel pour assurer le bon déroulement du tournage et éviter les retards ou les imprévus.

Éléments Clés d’une Feuille de Service

Voici les principales sections à inclure dans une feuille de service :

  • Détails de la Journée de Tournage
    Indiquez la date, les heures de début et de fin, ainsi que les scènes prévues pour la journée.
  • Lieux de Tournage
    Mentionnez les lieux spécifiques où les scènes seront tournées, avec les heures d’occupation prévues et les coordonnées des responsables sur place.
  • Équipe Concernée
    Listez les membres de l’équipe impliqués pour chaque scène, y compris les acteurs, techniciens, et autres personnels essentiels.
  • Matériel et Logistique
    Détaillez l’équipement nécessaire pour la journée et les dispositions logistiques, comme le transport et la restauration.

 

La feuille de service est indispensable pour garantir que chaque membre de l’équipe sait exactement quoi faire et où se trouver à tout moment. Elle centralise toutes les informations cruciales pour que le tournage se déroule de manière fluide, en minimisant les risques de confusion ou d’erreurs.

La continuité _

Qu’est-ce que la continuité :

Document qui propose description visuelle et auditive de chaque scène présentée dans l’ordre chronologique de l’histoire. Autrement dit, il s’agit d’un document qui décrit, scène après scène, les décors, les personnages et leurs actions dans l’ordre dans lequel ils apparaîtront à l’écran. La continuité est qualifiée de « dialoguée » si elle intègre les dialogues et de « non dialoguée » dans le cas contraire.

projet universitaire

Carnet de création _

Projet de valorisation créative des archives de cinéma par des étudiantes et des étudiants du Master Cinéma et Audiovisuel de l'Université Paul-Valéry Montpellier 3

Cette plateforme web consacrée à « Chien de la casse » a été conçue à partir des archives de création confiées par Jean-Baptiste Durand et ses collaboratrices et collaborateurs, qui sont venus rencontrer les étudiants et étudiantes au printemps 2024.
Les Master 1 ont créé les contenus éditoriaux, Romane Jamet et Jules Tanguy de Master 2 ont assuré la conception interactive, afin de restituer l’histoire et les conditions de la fabrication de ce film tourné dans l’Hérault et consacré par 7 nominations aux Césars.

Projet mené par Claire Chatelet, maîtresse de conférences en audiovisuel et nouveaux médias, et Jean-Philippe Trias, maître de conférences en histoire et esthétique du cinéma, avec le soutien du département Cinéma Audiovisuel Nouveaux Médias, de l’UFR1, du CCU et de l’Agence Unique, Occitanie Culture.

Article _

Le fil des images

Cet article décrit les coulisses, les étapes et les apports pédagogiques du projet mené en partenariat avec l’Université Paul Valéry.

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